Gratter de l’argent à toute vitesse: la bonne stratégie?

Il n’est qu’un secret de polichinelle de dire que l’Etat Français est endetté, et il serait ubuesque de penser qu’un état ne doit pas faire preuve d’une rigueur entrepreneuriale pour gérer son budget. En partant de ce constat, la stratégie de vendre des actifs rentables pour tenter sa chance en grattant des liquidités immédiates s’avèrent-elle gagnante?

Le marketing est avant tout une stratégie à mettre en place avec une vision claire pour les entreprises, c’est un des piliers de leurs réussites. Pour les Etats dont la maîtrise du budget est un enjeu de taille, il est courant d’emprunter des stratégies au monde de l’entreprise. Il est vrai que certains groupes ont su se sauver en optant pour la vente d’actif immobilier ou marques bénéficiaires afin de se sortir d’une crise importante ou améliorer sa compétitivité en recentrant son activité. Par exemple en début d’année, le géant américain General Electric en proie à des difficultés budgétaires a vendu pour 21M $ son activité biopharma à Danaher, une annonce faisant grimper son titre en bourse de plus de 17%. En France, le prestigieux groupe Saint-Gobain avait cédé en 2015 la société Verallia à Appolo un fond d’investissements pour recentrer ses activités. Et pourtant Verallia était leader sur son secteur et elle enregistre aujourd’hui de belles perspectives, d’autant plus que la tendance court vers un recul essentiel de la consommation de plastique. Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie et devenu depuis Président de la République, semble opter pour cette solution aujourd’hui avec la Française des Jeux et les Aéroports de Paris.

Oui mais voilà, l’Etat n’est pas vraiment un groupe à but lucratif et n’a pas pour vocation de ce concentrer sur un secteur en particulier, mais sur la globalité du pays et de son administration. Cette stratégie pose ainsi beaucoup de questions car avec une vision à plus long terme, ce ne sont surement pas les services publiques qui pourront dégager des bénéfices et réduire le déficit, ceux-ci ayant par essence une vocation sociale. Alors la question de faire rentrer aujourd’hui des sous rapidement dans les caisses s’oppose à la perspective de vase communiquant permettant sur le long terme de basculer les entrées financières d’entreprises lucratives vers le budget de ses services. Cela permettrait d’obtenir une compensation des investissements sociaux dans le futur. En remontant plus loin dans le temps, on s’aperçoit qu’aujourd’hui encore la vente des concessions autoroutières est au coeur des débats pour les citoyens et qu’après les sociétés d’énergies privatisées dans l’intervalle, il ne reste que très peu d’affaires rentables pour renflouer les caisses de l’Etat. C’est alors qu’au lieu de se contenter du grattage et des gains immédiats, se pose une question: ne devrions-nous pas garder nos tickets pour multiplier nos chances au tirage ?

Photo: @ Flickr.com by Otto Kristensen | Dominique Rollin cycliste de la FDJ 2012

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